MAITRISER LES PROCESSUS DECISIONNELS POUR DECULPER SES PERFORMANCES MANAGERIALES

Il y a quelques mois, l’opinion s’en souvient certainement, un conflit avait opposé les pétroliers du KATANGA (d’avant le démembrement) au ministre de tutelle : en cause la hausse des taxes liées à leurs activités. Et à l’époque, cette frange d’opérateurs avait déclaré qu’ils étaient « surtaxés » par rapport à leurs confrères de l’Ouest du pays. Rappelons qu’à l’issue de leur action, ces derniers eurent gain de cause.

Edito

Tout récemment encore, un autre arrêté, presque similaire portant interdiction d’importation de ciment, de sucre et de fer à béton a provoqué un tollé dans tout le pays. La FEC, à travers les médias nationaux, a fait feu de tout bois pour demander au ministre de revoir sa copie … on pourrait multiplier les faits, du reste très courants chez-nous, mais analysons plutôt froidement la situation … Comment peut-on expliquer ces protestations à répétition ? Pourquoi rechigne-t-on à appliquer certaines mesures émanant des instances supérieures ? Le moins qu’on puisse dire, c’est que la situation interpelle plus d’un observateur.

Probablement, la raison majeure provient du fait que la plupart de nos donneurs d’ordres appliquent mal le mécanisme de la prise de décisions et son processus.

Déjà au 5ème siècle avant Jésus-Christ, le philosophe athénien ISOCRATE avait perçu la pertinence du sujet, car il a écrit « Réfléchis avec lenteur, mais exécute rapidement tes décisions ».

De l’avis de nombreux experts, sans prise de décisions, aucune institution organisée ne pourrait fonctionner. Aussi, la maitrise de cette opération est d’une capitale dans la survie et de la prospérité de toute entreprise. Igor ANSOFF catégorise les décisions en trois : les décisions stratégiques qui intéressent la Direction générale d’une institution concernée. Elles donnent des orientations générales, impactent sur le long terme et engagent TOUT l’avenir de TOUTE l’entreprise. Les décisions tactiques, quant à elles, sont prises par les personnels d’encadrement. Elles ont une implication sur le moyen terme et comportent des risques moyens pour la société. Enfin, il y a les décisions opérationnelles prises par les employés dans l’exécution de leurs tâches quotidiennes. Elles ont des risques vraiment mineurs puisque prise au plus bas niveau de la structure. Toutefois, il sied de noter que le succès d’une décision est tributaire d’un travail en synergie de toutes les instances impliquées, la règle d’or étant dans ce domaine de ne plus interférer dans son exécution une fois que tous les aspects y relatifs ont été préalablement relevés, étudiés et analysés à tous les niveaux. Herbert Simon (1916-2001) en appelle à la modestie des décideurs en disant : « Dans une situation donnée, les managers ne choisissent pas la meilleure solution, mais la solution la plus satisfaisante ».

Somme toutes, si, avant toute décision, nos gestionnaires prenaient le temps d’étudier tous les contours de la question à traiter, d’en recenser les informations, d’en évaluer les risques et de les partager avec tous ceux qui concourent à son application et à sa réussite, nous éviterons assurément le chapelet de protestations post-publication auxquelles nous assistons si souvent au pays.

Jean Jacques KALONJI

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