Des réformes ; mais pour quelle fin ?

Depuis la fin de la 2ième république, le gouvernement congolais a amorcé – et la série continue – plusieurs réformes qui touchent pratiquement à la quasi-totalité de tous les secteurs de la vie nationale. Citons, au passage, des domaines aussi diversifiés tels les mines, avec l’avènement du nouveau code minier, les hydrocarbures, l’éducation, les assurances, les douanes et accises, les banques ou l’adhésion au système OHADA, etc…

Nous pensons, pour notre part, que les efforts déployés par l’autorité publique méritent d’être salués, car ils ne visent qu’un seul objectif : l’émergence de la RDC à travers l’assainissement du climat des affaires et l’alignement de son cadre politico-économique sur les standards internationaux requis. Et de l’avis des experts, notre pays occuperait le 7ième rang mondial en matière de réformes. Bravo, messieurs du gouvernement !

Mais nous déplorons cependant, dans la plupart des cas, une certaine pesanteur dans le suivi des mesures d’accompagnement que requiert l’application des dites réformes. Et ces lourdeurs sont d’autant plus pernicieuses qu’elles compromettent la réussite – même  des réformes engagées. Ce faisant, le gouvernement donnerait l’impression de vouloir à la fois une chose et son contraire ; ce qui serait d’une absurdité inexplicable…

Prenons, à titre purement illustratif, l’aspect relatif à la concrétisation du système OHADA, en ce qui concerne le paiement des fournisseurs par l’état lui-même ou les entreprises. Les délais de paiement, dans ce domaine, peinent encore dans les méandres d’une bureaucratie tatillonne. Et très souvent, le blocage ne relève que de l’humeur capricieuse de quelques agents ou fonctionnaires partisans du désordre ancien. Comme les mesures disciplinaires internes – lesquelles existent du reste – ne sont que rarement appliquées, nous assistons, impuissants hélas, à toutes les « cacophonies » qui sont  devenues le lot quotidien de nos services tant publics que privés.

En plus, la question du nombre de services destinés à œuvrer aux frontières s’inscrit aussi dans la même culture de l’incurie et /ou de l’impunité. Depuis des lustres, les autorités, tant nationales que provinciales, se cassent la tête pour trancher ce véritable nœud gordien. Franchir les frontières nationales congolaises relève d’un vrai parcours de combattant ! Ce n’est plus un secret pour personne…

Nous n’évoquerons pas ici, au risque de nous répéter, le calvaire qui prévaut dans  les autres domaines ; partout, ce sont les mêmes plaintes, les mêmes lamentations…

C’est donc ici le moment d’interpeller le gouvernement, qui s’est déjà réveillé d’ailleurs, à saisir le problème à bras le corps, de sorte à montrer plus de volonté et de détermination dans l’accompagnement de toutes les réformes déjà entreprises. Il y va de la survie même de la nation congolaise. Car réformer,  c’est bien ; mais accompagner et suivre ces réformes, c’est mieux…

Jean-Jacques KALONJI

ENGLISH VERSION

REFORMS, TO WHAT END?

Since the end of the 2nd Republic, the DRC government has launched – and the move is ongoing – many reforms that take in almost all sectors of the national life. Just to mention a few sectors, the reforms apply in diverse areas such as the mining industry, with the advent of the new mining code, oil and gas, education, insurance, customs and excise, banks or the OHADA system.

On our part, we think that the efforts made by public authorities should be welcomed because they pursue an objective, namely the emergence of the DRC through improved business climate and compliance of its political and economic tissue with international standards. From an expert standpoint, our country would rank 7th in terms of reforms, globally. Congratulations, members of the government!

However, in most cases, the flashpoint is the numbness in implementing relevant accommodations that the enforcement of such reforms demand. This numbness is all the more pernicious to extent it undermines success – even the success of reforms underway. In so doing, the government gives the impression of wanting both a thing and its opposite; which is an inexplicable absurdity.

Let’s consider, for merely illustrative reasons, the enforcement of the OHADA system regarding vendor payment by various businesses and by the government itself. Payments in this area are still struggling through the maze of red tape. And, generally, the blockage is due to some officials supporting the misdemeanor of the past. As internal discipline – though the policy exists – is rarely enforced, we witness helpless, alas, all of this “cacophony” that has become the daily lifecycle for our services, both public and private.

In addition, the number of agencies operating at the borders also echoes the same culture of negligence and / or impunity. For decades, the authorities, both national and provincial, rack their brains to undo this Gordian knot. Crossing the DRC national borders is a real obstacle course! This is no longer a secret.

To avoid repetition, we will not discuss here the ordeal in other areas; everywhere, the same complaints and lamentations are voiced.

So, this is the time to urge the government, which fortunately has shown some commitment, to grasp the issue and, subsequently, demonstrate more will and determination in seeing to the enforcement of the reforms already undertaken. At stake is the very survival of the Congolese nation. Reforming is good, but leading the move through is better…

Jean-Jacques KALONJI

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