SAUVER L’ENSEIGNEMENT ET ACCROITRE LE DEGRE DE L’EMPLOYABILITE LOCALE

Les discours sur la descente aux enfers ainsi que ses corollaires du système éducatif congolais datent de l’époque de Mobutu le grand Maréchal du Zaïre. Aujourd’hui presque toutes les interventions au 1er Salon de l’emploi en ont fait le credo : « l’inadéquation entre l’offre d’emploi et le profil des demandeurs d’emploi locaux.

Cela prouve à suffisance que le problème reste encore cru et qu’il n’a pas encore fait l’objet d’une analyse approfondie afin de trouver les causes ainsi que les solutions durables. Car il faut une très bonne thérapie pour sauver le système et lancer de bons produits sur le marché de l’emploi.

Le système Mobutu a considéré l’enseignement comme un pneu de réserve, il a ainsi dépouillé de tout son sens le capital humain qui était voué à son triste sort, les programmes sont caducs et inadaptés au point qu’on ne savait pas au finish le type d’homme dont le pays avait vraiment besoin. Quant aux manuels c’était encore une autre paire de manches. Ils étaient surannés et presqu’inexistants dans certains coins du pays. Le tableau n’est guère reluisant !

Et aujourd’hui, c’est pareil, au fond rien n’a changé, et on constate qu’ouvrir une école fait partir des secteurs porteurs dans le business en RDC. Car le service régulateur pour règlementer le secteur est quasi absent. Ainsi la descente aux enfers de ce métier noble poursuit sa course, et les discours d’hier, ceux d’aujourd’hui et de demain ne rimerons qu’avec l’« inadéquation entre la formation et l’offre d’emploi » aussi longtemps que l’on n’aura pas le courage de s’arrêter pour faire l’autopsie afin de trouver des solutions salutaires pour notre système éducatif.

Qui pis est, on constate que pour l’insertion d’un cours au programme se fait avec une insouciance qui frise l’inconscience. Pourtant c’est une opération qui doit être précédée des états généraux qui doivent cogiter sur les raisons et les matières à dispenser selon les filières. Cela implique donc des moyens humains et financiers. Et se réveiller un bon matin et décider de l’insertion d’un cours au programme est non-sens. Cela ne doit pas être du « copier-coller », même si l’on dit couramment qu’on ne réinvente pas la roue.

Ecoute, pour terminer, Paty, cette petite histoire vraie : « un Professeur Ordinaire, membre du comité de gestion d’un institut supérieur de la place répond à la question de savoir pourquoi on trouve presque les mêmes filières dans toutes les institutions supérieures et universitaires et pourquoi il n’y a pas de différence entre un étudiant en Informatique de gestion de l’ISP et celui de l’UPL? Mon cher Jacques, si on n’agissait pas comme ça, on n’aurait pas de candidats car vous savez, actuellement c’est l’informatique qui intéresse les parents et les jeunes, c’est la science du moment, c’est pourquoi vous constaterez que dans la majorité d’institution on tend à assouplir les conditions d’inscription pour accroître le nombre d’étudiant : après tout, il va se débrouiller dans la vie courante, … »

Allez-y comprendre quelque chose ! La débrouillardise ! Cet argumentaire exhale un parfum déjà vu, déjà entendu ! L’article 15 du feu Marechal MOBUTU : « MOTO NA MOTO ABONGISA ». Non, messieurs les décideurs ! Vous devriez viser plus haut pour que l’enseignement congolais retrouve sa place dans le concert des nations.

KALONJI Jean-Jacques

 

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