A QUAND LA CLASSE MOYENNE EN RDC ?

Depuis plus de cinq ans, Mines et Industries magazine, fait la promotion du secteur minier et celui des industries en République Démocratique du Congo. Dès 2006 déjà, au lendemain des élections, nous avons constaté un afflux massif d’investisseurs dans notre pays, et particulièrement, dans la province du Katanga.

Des gros projets miniers « prometteurs » étaient alors en gestation et de gros investissements ont été engagés. Nous attendions tous enfin l’éclosion de la classe moyenne tant souhaitée dans la mère patrie.

Mais avant de poursuivre, écoutez plutôt l’odyssée qui est arrivée à l’un de mes amis, chômeur de son état. Ses deux seuls atouts étaient : savoir conduire et parler la langue de Shakespeare. Notre ami a eu la chance de rencontrer un sud-africain venu chez nous pour démarrer un projet minier. Et ce dernier, tout heureux d’avoir un interlocuteur local en fit son assistant. Bientôt, notre ami, pu réunir, en quelques mois, des économies considérables. Il s’est acheté un 4×4 et il l’a mis en location. Il se retrouve ainsi après quelques années à la tête d’une petite entreprise de location de véhicules. Comme les entreprises avaient besoin de nourrir leur personnel, son épouse eut la bonne idée d’organiser un service de cartering. Tout cela fit la joie du personnel tant national qu’expatrié. Dieu seul sait combien de réussites de ce genre j’ai connus.

Mais aujourd’hui, lorsque je rencontre mon ami qui s’est depuis installé à son compte, il me répète souvent, l’air dépité : « Jean-Jacques, l’argent ne circule plus dans la province. Les grands miniers ont verrouillé les marchés au profit d’entreprises étrangères. Et tu devrais le savoir, puisque tu œuvres dans la promotion des entreprises. »

Qu’est-il donc arrivé ? Le constat est amer. Car les amis, qui se sont enrichis durant le boom minier, ont du mal à retrouver leur faste d’antan. Notre système économique ne favorise pas la naissance d’une classe moyenne en RDC, étant donné que son émergence suit la loi de Poisson. Triste réalité, puisque c’est justement de ces PME que naîtra la classe moyenne si attendue par les congolais. Et comment assuré cette émergence, si déjà les marchés, tant dans le secteur public que privé, se font de gré à gré ? Et qui pis est, ce sont souvent les mêmes entreprises qui gagnent les marchés sous des noms d’emprunt. Et à ce sujet, l’opinion se demande si ces entreprises ne sont pas des satellites dont les maitres seraient en même temps membres de l’équipe qui a l’arbitrage des marchés dans ses cordes ? Car tout semble s’organiser pour décourager l’initiative locale : absence d’expertise, insuffisance des moyens techniques, et pénurie de capitaux, voilà le tableau. Ainsi, ceux qui tirent les ficelles continueront à offrir des opportunités à des entreprises localisés à l’extérieur du pays. Et à ce rythme, il ne restera aux congolais qu’à dire « adieu » à l’avènement de la fameuse classe moyenne.

Toutefois, reconnaissons qu’il y a peut-être une lueur d’espoir, avec la mise en place de l’Autorité de Régulation de passation des marchés dans le secteur public. Et le vœu de Mines et Industries est de voir cette structure œuvrer réellement pour la promotion de la PME locale, le seul gage de la naissance de la classe moyenne en RDC.

Jideux

 

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